Sujet Récit Rp: Ewenae, Chamane de Brume Azur
Ewenae
Kirin Tor
Ewenae
Chamane Draeneï niv. 85
4630
Bonjour, voici l'histoire rp de ma petite chamane et de Mortelame, qui est le voleur de mon compagnon.


Chapitre 1 : Hurlevent


Mon nom est Ewenae. Ceci, est mon histoire...

Le vent s'engouffrait entre mes cornes pointées vers l'arrière et mes cheveux blancs volaient autour de moi. Non pas que je sois vieille, comme pourrait le penser certains humains, mais j'ai toujours été ainsi.

Mon armure de maille collait à ma peau bleu claire.. Pas étonnant puisque je marchais depuis le début de la nuit. La plupart du temps, j'avançai sous forme de loup fantôme, mais pas toujours. Qu'importe... j'arriverai bientôt à destination.

Je venais de quitter mon refuge, le pic du vent sauvage en Exodar, pour me rendre à la grande citée des hommes.. Hurlevent.
Là bas, j'espérais trouver un marché afin de vendre mes potions... Oui, je suis alchimiste. Je sais manipuler les philtres et leurs pouvoirs extraordinaire...

Alors que je pénetrais dans la magnifique citée, un draenei me bouscula violement.
_ Pardonnez ma chère, je ne vous avais pas vu, dit-il en s'éclipsant, me jetant un dernier regard intéressé.
Il faut dire que pour une représentante de ma race, je suis vraiment petite. Pas étonnant qu'il ne m'ait pas aperçue dans la foule... Aussi, je suis bénie par les naarus de m'avoir conférés la beauté. Cela me valut par le passé d'apprendre des grands maîtres chamans, le savoir des sorts en échanges de... divers services dont je garderai le secret.
J'appris des plus grands, et aujourd'hui encore, je continue d'apprendre.

Je poursuivis la route faite de pavés, jusqu'à la grande place des commerçants. Là, je trouvais le gérant des commerces, un homme bien gras à la bourse visiblement pleine.
_ Combien pour une place? Lui demandais-je.
_Quatre pièces d'or ma jolie, dit-il avec un sourire édenté.
Par les esprits, que ces hommes me rendaient folle... de rage. Je lui donnais ce qu'il exigeait avant de m'installer.
En rangeant mes potions sur l'étalage de bois, j'invoquais ma magie guérisseuse. La journée promettait d'être longue sous cette chaleur de plomb, mais il me fallait de quoi payer mes prochaines nuits à l'auberge.
Un draenei s'approcha de moi, je le reconnus aussitôt.
_ Que les naarus te bénisse, chamane, dit-il de sa voix caverneuse. Qu'as-tu à me proposer?

A n'en pas douter, il s'agissait d'un Chevalier de la mort. J'en avais rarement vue.. Celui ci devait être accepté dans la ville, bien qu'il ne passait pas inaperçu sous son armure sombre. De temps à autre, les passants le regardait avec méfiance. Mais lui ne semblait y attacher aucune importance.
_ J'ai.. ceci, pour vous, dis-je en lui tendant un flacon orangé.
Il observa le contenu avec un demi sourire. Il est vrai qu'il ne manquait pas de charme...
_ Un flacon de rage infini, hum... d'excellente qualité... Je t'en prends une dizaine. Tiens.
Il prit ma main et me tendit une bourse de cuir rempli d'or. La chance me souriait...
_ La taverne du cochon siffleur, me chuchota-t-il en se penchant vers moi. Ce soir...

Je frissonnais en sentant son souffle glacé dans mon cou. Sans un regard de plus, il disparut dans la foule...


La journée se poursuivit tranquillement jusqu'au soir où je décidais de plier bagage. C'est alors qu'un gnome accourut vers moi, tout essoufflé. Il paraissait un peu fou et étrangement mesquin.


Ses yeux perfides fixaient mon étalage avec envie. J'avais déjà vu des gnomes, et nombre d'entre eux me paraissaient bien sympathique.
Celui ci n'en faisait pas partie.


-Hum, dit-il en raclant des mâchoires. Je veux ceci, dit-il en désignant mes dernières potions de hâte.
_ Dix pièces d'or, soit deux pièces chacune.
_Quoi? Mais c'est trop chère, Dame !
_ On paie le prix de l'excellence, répliquais-je en fronçant les sourcils.


Le gnome, que je soupçonnais d'être mage, me lança un regard perfide et tenta d'attraper les flacons par un sortilège. Furieuse, je lui lançais un horion de givre pour le ralentir mais il fut plus rapide et me réduit au silence.

Par les esprits ! Il eut fallut que le marché soit désert à cette heure!
J'entendis des lames s'entrechoquer derrière moi et je sentis des mains me tirer vers l'arrière. Arrachant un cri, je tombais en m'accrochant où je pouvais.


_ Tenez la bien ! Cria l'un des hommes. Si..ARGH !
Une lame fendit l'air, puis deux. J'entendis une cape flotter autour de moi, virevoltante.

Ouvrant les paupières, j'aperçus la mort en face de moi.


Ewenae
Kirin Tor
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Les hommes de main du mage tombaient les uns après les autres, leur corps saignants à des points très précis. En me relevant, je vis un homme encapuchonné. Brun, il était d'environ ma taille.. Comme je l'ai affirmée précédemment, je suis plutôt petite pour une draenei.
Ses yeux verts étaient extraordinairement perçant... J'avais l'impression d'être transpercée de ses lames encore baignées de sang.

Nous restâmes un moment à nous regarder, a nous juger, a nous apprécier de haut en bas... puis ses mouvements se délièrent et il afficha un sourire étrange, néanmoins rassurant.
Il jeta un coup d'œil en arrière au gnome qui déguerpissait puis jeta quelques pièces d'or sur la table. Après quoi, il prit les potions, toujours en silence avant de disparaître aussi rapidement qu'il était venu.

Je respirais un grand coup avant de m'écrouler sur la chaise.
Décidément, mon arrivée dans cette ville ne présageait rien de bon...

Après avoir traversée une bonne partie de Hurlevent, je pris la direction du quartier de la vieille ville et entrais, plus fatiguée que jamais, à la taverne du cochon siffleur. Cette nuit au moins, je me reposerais gratuitement.

L'intérieur de la taverne était remplie de petites gens, d'aventuriers et autres commerçants venus tout spécialement pour les jours de grands marchés, comme aujourd'hui. J'aperçus, assis dans un coin, le chevalier de la mort, finissant sa chope d'un trait. J'affichais un sourire plein de mystère alors que je m'approchais de lui.

_ J'espérais te revoir, belle chamane, dit-il l'air grave.
Il se leva et me saisit la taille.
_ Tu dois avoir envie de te reposer, susurra-t-il contre mon oreille.

Je souris, son souffle parcourant mon cou frissonnant.
_ Pas vraiment...
Il m'entraina à l'étage, sous le regard plus ou moins aimable de quelques gens. En parcourant la salle du regard, je me figeais soudainement.
_ Qui y a-t-il?
Les yeux verts de l'homme aux lames mortelles. Il était donc ici.
Je détournais rapidement les yeux alors que la poigne du chevalier se faisait plus pressante. Très bien, j'avais affaire avec un mâle autoritaire...

L'esprit embrouillé, je me laissait plaquer contre la porte à présent fermée de sa chambre. Il m'écrasait de tout son poids, ce qui n'était pas pour me déplaire. Furtivement, alors qu'il défaisait ma fine armure de maille, je repensais à cet homme mystérieux qui m'avait sauvée pour .. finalement, pouvoir acheter ses potions...

Les mains expertes du draenei parcourait mon corps en feu tandis que je me laissais aller à ce qu'il me demandait silencieusement, répondant avec ferveur. Ce mâle me plaisait beaucoup mais, dès le lendemain, il me faudrait quitter cet endroit.

Contrairement à mes autres amants, il ne m'apprendrait rien sur le chamanisme mais je m'en moquait. Là plus que jamais, j'avais besoin de dormir dans les bras de quelqu'un et ce grand chevalier de la mort me convenait parfaitement.
La nuit passa sans que je ne dorme, aussi décidais-je d'aller me reposer dans les bois dès le jour venu, sous forme de loup fantôme.

Je me réveillais finalement non longtemps après, dans la chambre éclairée par le feu de cheminé, avec le grand draenei à mes côtés.
Ses yeux bleu glacés étaient rivés sur moi.
De quoi rendre n'importe qui mal à l'aise, par les esprits...
_ Que fais-tu en ville? Me demanda-t-il alors que je me revêtais mon armure.
_ En quoi cela te regarde? Fis-je, le trouvant un peu trop curieux.

Il éclata de rire puis se leva avant de me bloquer dans ses bras, véritable barrière de muscles gelés.
_ Tu es une chamane.. de ce que j'en sais, spécialisée sur la guérison... Tu pourrais m'être utile.
Je me dégageais de son étreinte et lui faisait face.
_Je ne sers personne d'autre que moi même...
Il parut amusé.
_Que les naarus te protège, dis-je en mettant ma cape avant de m'éclipser.

Je payais mon repas au tavernier et pris la direction de la forêt d'elwyn. Avec ce que j'avais vendu hier, je pouvais sans trop de problèmes payer plusieurs semaines de logements et de nourriture décente.

Néanmoins j'avais d'autres projets...
J'avais pour objectif de m'installer un moment à Dalaran afin de repérer les champions duellistes. Peut être pourrais-je mettre mon pouvoir de guérison au service de quelqu'un... Mais j'avais du temps.

Aussi, je désirais devenir une championne de l'Exodar, et travailler pour les miens. J'avais ouïe dire qu'ils cherchaient du monde au tournoi d'argent, tout au nord du Norfendre... Une aubaine.
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Je trottinais jusqu'à comté de l'or, sous ma forme de loup fantôme. L'air s'engouffrait dans mes poils hérissés par le froid.

Tout à coup, je stoppais ma course et reprit forme originelle. Ma masse et mon bouclier implacable dégainés, je fixais les alentours, à l'affût du moindre bruit.
Quelque chose n'allait pas...

Inquiète, j'avançais prudemment et sentit un couteau fendre l'air pour aller se planter dans mon épaule.
Criant de douleur, je lançais un remou pour me soulager, mais mon bouclier tomba dans un grand fracas au sol.

Un bandit de grand chemin hurla la charge et plusieurs hommes commencèrent à me sauter dessus, toutes lames dehors. J'eus tout juste le temps de réagir pour balançais mon totem de lien terrestre afin de les ralentir.

Puis je pris forme de louve avant de courir autour des arbres, histoire de m'échapper. Quand ils me laissaient un maigre répits, je leur lançaient un éclair ou un horion lorsque ma force mentale le pouvait. Mais j'étais exténuée.. Et cette nuit n'avait décidément rien arrangée...

Je survie ainsi un bon moment, alternant sorts, les soins et les contrôles sur mes ennemis. L'un était désormais une ridicule petite grenouille.

Mais ce petit jeu ne durerai qu'un temps... Je m'épuisais et mes ennemis revenaient à la charge, toujours plus nombreux. Alors que je m'écroulais contre une pierre, la jambe saignant, je le vis.
L'homme aux lames mortelles.
Le voleurs à la frappe assassine, violente et terriblement efficace.

Dangereux, il se faufila avec agilité entre ses ennemis, les saignants, les assommants les uns à la suite des autres. Jamais je n'avais vu pareil finesse.
Quelque chose le toucha au bras et je lui lançais un soin pour l'aider. Mais je tombais de nouveau sous la faiblesse, m'adossant à un chêne.

Qu'importe, il venait de terrasser les bandits. Ceux qui n'étaient pas morts prenaient déjà la fuite.
Soulagée et effrayée; j'attrapais la main que le voleur me tendit et ressentit une décharge électrique me traverser le bras.

En observant son visage de plus près, je m'aperçus qu'il avait une fine barbe vieille de quelques jours. Son visage était fermé, impassible comme la roche. Il restait toutefois agréable..
_M...Merci, balbutiais-je en titubant.

Il me rattrapa avec une poigne absolument étonnante. Je levais mes yeux blanc pour observer les siens. Ils étaient tout bonnement transperçant.
J'avais beau être vêtu, devant lui je me sentais nue.
_ Vous êtes alchimiste, m'affirma-t-il.
_Je.. oui...Mais...
_ Je vous ai observé avec ces hommes. Vous êtes résistante mais vous manquez de stratégie et d'agilité.
_Oui, mais..
_Tout cela je peux vous l'enseigner, me dit-il en prenant rapidement mon bras afin de l'observer.
Il fit de même avec l'autre.
Désarçonnée, je me cramponnais à son épaulière droite. Mes blessures étaient assez profondes et nécessitaient des soins au plus vite. J'en avais parfaitement conscience mais mes forces ne me répondaient plus...
_ Je.. Je dois me reposer.. Comment vous appelez vous?
Il grimaça, comme si il ne voulait pas me répondre.
_ On me nomme Mortelame. Et je vais avoir besoin de vous.
Il m'aida à marcher jusqu'à l'auberge de comté de l'or.
_ Comment?
Il fit un signe à une femme qui m'amena à l'étage. Je dirais qu'il s'agit d'une secouriste, vu son accoutrement.
Le voleur à l'armure rouge et orme fit face en croisant les bras alors qu'on se pressait autour de moi, bandages en main.
_ J'ai besoin de potions de hâte. D'où l'utilité de vous avoir près de moi en permanence.
Je cillais. Avais-je bien entendue?
_De plus, je convoite les récompenses offertes aux duellistes. J'ai besoin d'un partenaire fort, un guérisseur hors pair qui me sauvera la mise lors des combats d'arènes. En d'autres termes, j'ai besoin de vous. Vous resterez donc avec moi à compter de ce jour. En attendant, reposez vous.

Il s'apprêtait à repartir.
_Et mon avis? Lançai-je, sonnée. Vous ne me l'avez pas demandé que je sache.
Il me lança un regard étonné, presque railleur.
_ Pourquoi faire? Je vous ai sauvé la vie deux fois. Vous m'êtes deux fois redevable et je considère que votre devoir est désormais de me servir. Ou bien considérez que sans ma protection, vos soins ne vous aiderons pas beaucoup contre une armada de bandits armés jusqu'aux dents. Vous avez besoin d'un protecteur, Ewenae, et je suis ce protecteur.
Il quitta la pièce. Je me demandais encore longtemps après comment il avait eu connaissance de mon nom.
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Je me réveillais avec les rayons du soleil en pleine figure. Dans un coin de mon esprit, où sommeillait mon pouvoir, j'entendis l'appel de mon totem élémentaire de feu, ou Torche comme j'aime l'appeler.

M'étirant longuement sur le confortable lit de l'auberge, j'observais le ciel azur s'étendre au dessus de la forêt.

«  Oui, encore un peu de patience » répondis-je à mon totem agité.
Je sentis sa déception. Mais je ne pouvais me permettre de l'invoquer dans une chambre en bois...


Je songeais alors aux paroles de Mortelame. Cet homme ne manquait pas de toupet... Oser m'utiliser, moi qui déteste être à la botte de quelqu'un... Mais, il y avait un fond de vérité dans ses arguments. Et puis, je n'avais pas envie de me le mettre à dos. Je risquai d'y perdre la vie.

Alors, pour un temps au moins, je le suivrai docilement... En attendant de trouver une solution.

_ J'ai veillé sur vous toute la nuit, dit une voix qui me fit hurler de terreur.
Sursautant violemment, je m'aperçus qu'il se tenait à ma droite, assis sur une chaise.
Les voleurs et leurs cachoteries...

Je frissonnait de honte et tentais de me lever.
_ Merci, dis-je en fouillant dans le placard. Tournez vous s'il vous plait.
Il parut étonné mais s'exécuta. Je saisie une robe émeraude, plutôt fine et m'empressais de l'enfiler. Par chance, mon armure trainait à côté de mon sac.

Je me tournai vers lui en fronçant les sourcils. Il me contempla comme on observait du bétail.
_ Mis a part vos sabots, vous êtes désirable, me dit-il. Peut être que cela peut déstabiliser l'adversaire, du moins pour un moment... Je vous attend dehors pour voir où vous en êtes au niveau des acquis. Tenez vous toujours prêtes, quoiqu'il arrive.


Il disparut tel un échappé. Par les esprits, ses dernières paroles étaient bien loin de me rassurer... Et si il me tendait un piège?

Après m'être préparée, je descendis hors de l'auberge en remerciant gracieusement la guérisseuse de m'avoir aidée.

Dehors, l'air frais du matin me caressait les joues. La forêt, magnifique, était partiellement éclairée des rayons solaires. On était bien loin du paysage de mon île, Brume Azur, avec sa brume perpétuellement rosée... mystique...

Soudain, je reçu un coup de poing dans le dos. Je fléchis les genoux et pivota rapidement. Rien.
Je reçus un autre coup dans le dos, plus fort.. j'en eu la respiration coupée.

Mortelame...

Enfin, son bras solide m'empoigna le ventre et me plaqua contre lui, tandis que sa main dardait une lame sous ma gorge offerte.
La respiration saccadée, je m'immobilisais.
_ Tu es morte, murmura-t-il contre mon oreille.
Lorsqu'il me libéra, je le pris par surprise et lui envoya un horion de givre, qui le ralentit.
_ Très bien, survies ! Lança-t-il en maniant ses lames avec agilité. Sers-toi des arbres ! Ne cesses jamais de bouger!

Je m'exécutais du mieux que je pouvais, contournant les troncs, me prodiguant le plus de soins possibles. La technique des arbres me laissait du répit et me permettait de garder mes sorts intacts, et frais.

J'eus la chance de pouvoir lui lancer un ou deux éclairs qui l'égratignèrent à peine puis je me sauvais encore. Je tenus longtemps ainsi, jusqu'à ce qu'il m'assomme.

Lorsque je repris connaissance, j'étais allongée dans l'herbe, non loin d'une rivière. Par les esprits, nous avions traversés une bonne partie de la forêt...
Mortelame était accroupi près de moi, l'air grave.
_ Bien, dit-il. Tu as mieux tenue que je ne l'aurai imaginé. Nous reprendrons demain. En attendant, restes ici -il désigna d'un coup de pouce une tour délabrée.
_ Et vous, où est-ce que...
Trop tard, il venait de s'éclipser.

Je me levais péniblement et entrais dans la tour en ruine. J'eus la surprise de trouver mon armure dans un sac, près d'une table sur laquelle était disposée de quoi grignoter.
Parfait, j'avais faim.

Plus tard, je plongeais la tête la première dans la rivière. L'eau était froide mais peu m'importais...
Maintenant, le tout était de semer ce voleur omniscient... Caressant mon pendentif qui ne me quittait jamais, je trouvais la volonté nécessaire pour quitter cette délicieuse rivière.

Avec un peu de chance, il ne sera pas encore arrivé et je pourrai m'enfuir tranquillement...
Je saisis mon sac à flacon et mes armes puis filais de la tour aussi rapidement que l'homme mystérieux... ou presque.

Prenant forme de louve fantôme, je galopais à toute vitesse jusqu'à Hurlevent. L'idée était de rejoindre le port et d'attraper le premier bateau qui menait le Donjon de la Bravoure.

Là, j'avais entendue dire qu'un elfe faisait passer ceux qui le souhaitaient, moyennant finance, à Dalaran par un portail dont il avait le secret.

La foule habituelle de la ville me fatiguais au plus haut point.
Quelle plaie...


Ewenae
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Modifié par Ewenae le 03/02/12 13:26 (UTC)
Les guerriers se battaient en duel, la garnison de Hurlevent patrouillait ci et là, les commerçant braillaient à qui voulait l'entendre que leur produits était meilleur, et les gamins jouaient dans les ruelles avec plus de tintamarre que quiconque.

Vraiment, le calme ambiant de Brume Azur me manquait...

Alors que je contournais la dernière rue avant les grandes marches menant au port, je crus voir une lumière orangée filer sous mes yeux. Une couleur qui me rappelais celle des épaulières du voleur.... Je pris cela pour un effet de mon imagination puis accélérais le pas.

Un immense bateau accosta sur le quai indiqué pour le grand nord, aussi pris-je place à l'intérieur. Spacieux et robuste, il semblait être érigé pour supporter les plus grandes tempêtes.

A l'intérieur, je saluait le capitaine et les quelques matelots humains que je croisais.

_ Il est rare de voir une draenei sur nos navires, objecta l'un d'eux. Je vous souhaite la bienvenue.
_ Je vous remercie, nous partons bien pour le norfendre?
_ Exactement. Le voyage sera long, n'hésitez pas à faire un tour à la taverne, à l'intérieur du navire.

Bonne idée.

Je prit place dans la cale où un gobelin me servit un poulet plus ou moins frais. Sous les yeux étonnésde quelques loups de mer, je posais - très délicatement- mes armes non loin de moi.
On n'est jamais trop prudent...


Le voyage jusqu'aux landes gelées pouvait commencer, nauséeu et bancale. Quoiqu'il en soit, j'etais pressée d'accoster. Les bateaux étroits ne sont pas le genre d'endroit qui me mettent à l'aise... Et le regard de ces gaillards encore mois.
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Kirin Tor
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Chapitre 2 : Dalaran, la citadelle pourpre


Le donjon de la bravoure méritait bien son nom. Entouré entre une eau dangereuse et une terre tout aussi austère, les membres de l'expédition de l'alliance survivaient chaque jours aux dangers qui les menaçaient à l'extérieur de ces grandes murailles.
Sans attendre, je pris la direction de l'auberge.

Bousculant un haut-elfe hautain, je traversais la salle où les chopes s'entrechoquaient , les bons soldats riaient et ripaillaient tant qu'ils le pouvaient encore.

Enfin, après être montée à l'étage, je trouvais un autre elfe en compagnie d'une draenei au regard sévère. Je les saluais froidement et tournais mon regard sur lui.
_ Je cherche le passeur, dis-je simplement.

L'elfe blond se leva de son fauteuil avec nonchalance puis invoqua un portail, sous le regard amusé de la draenei.
_ Quatre-vingts pièces d'or, dit-il d'une vois mielleuse.
J'écarquillais le regard.
_ Je vous demande pardon ?
_Vous avez bien entendu ma chère... Que voulez vous, les temps sont difficiles... - il me contourna longuement, je sentais son regard rivé sur moi.
J'inspirai à fond, et l'idée de saisir mes armes m'effleura plus d'une fois... Mais j'étais ici, entourée des soldats de l'alliance... non, je n'allais pas commencer à jouer les idiotes...

Je fermais les yeux et cherchais, énervée, les pièces dans mon sac. Je lui jetais deux bourses de cuir à la figures et darda mon plus cruel regard sur son visage satisfait.
_ Merci, chamane, dit-il. Le portail est à vous... Bonne route.

Je le traversais sans mot dire, il en fallait peu pour me faire sortir de mes gongs. Ce fourbe venait de me dépouiller de toutes mes économies ou presque... Heureusement qu'il me restait des herbes. Mais je devrais passer mes prochaines journées à faire des flacons et trouver du travail si cela ne suffisait pas.

Encore un obstacle pour le voyage jusqu'au tournoi d'argent qu'il me faudrait payer très cher...

Dalaran est une somptueuse citée, aussi lumineuse que chaleureuse. Pleine de vie, les membres de l'alliance et de la horde se croisaient – s'évitant tout de même lorsqu'il était nécessaire. Je pris le quartier de l'alliance et pénétrai dans l'échoppe des alchimistes où je trouvai le maître gnome.

_Bonjour, dis-je en entrant dans la petite pièce pleine de philtres bouillant sous le feu.
_ Ewenae ! Quelle joie de te revoir mon enfant ! Viens par ici que je te regarde mieux, oh comme tu es jolie ma chère !
Je lui rendis son sourire.

_ Ravie de te revoir, fis-je en posant mon sac. Alors, comment vas-tu?
_ Très bien ma chère, très bien... Alors, cela fait très longtemps que je n'ai pas eu le plaisir de ta visite.
_ Oui, la dernière fois cela remonte au temps où tu voyageais encore jusqu'en Exodar...
Il éclata de rire.
_ Et bien, j'ai beaucoup de choses à t'apprendre ! Tu es l'une de mes plus prometteuses élèves, il est évident que je dois te transmettre tout mon savoir et je n'ai pas beaucoup de temps...
_ Ah?
Oui oui, je dois partir pour un moment aux steppes Ardentes, enfin c'est un détail... Tiens, attrapes ce flacon rouge là bas et viens par ici...

Le maître alchimiste passa toute la journée à m'apprendre un peu de son savoir, comme il le faisait chaque fois qu'il me voyait. Je le remerciais grâcement à la fin de la journée et dépensait mes dernières pièces pour une modeste chambre à l'Abracadabra.
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Fatiguée mais heureuse de ma journée, je donc sortis dans le spacieux couloir de l'auberge et étouffait d'un cri de stupeur.
Rajustant ma fine robe émeraude, j'esquissais un mouvement de recul.

_Comme on se retrouve, fit le Chevalier de la Mort qui se tenait droit devant moi.

Oui, le Chevalier draenei de Hurlevent...
_ Que faites-vous ici? Lançai-je, méfiante.

Il posa doucement une main sur mon visage et m'attira contre lui, m'embrassant avec passion.
_ Je me suis promis de te retrouver...
Il dégaina son épée et me poussa gentiment avec, de sorte que personne ne le voie.
_ Aller, chuchota-t-il en indiquant l'étage signe de tête.

Il m'obligea à monter dans une chambre qu'il ferma à double tour.
_ Tu reste longtemps ici? Me demanda-t-il en m'embrassant dans le cou.

Que lui répondre? Pouvais-je l'utiliser pour arriver à mes fins? Peut-être pouvait-il m'aider, mais ça, il n'était pas obligé de le savoir... Je détestais l'idée de partager mes projets à quelqu'un... surtout un inconnu.

Je posai mes mains sur ses bras.
_ Je suis de passage ici, répondis-je.
_ Ah oui?

Ses yeux bleu me fixait avec une leur étrange, presque menaçante. Je ne connaissais même pas son nom, mais je savais pertinemment qu'il était puissant, peut être même dangereux.
Mais d'un autre côté, j'ai toujours eu un penchant pour le danger...

Il jeta son arme au sol et me plaqua contre le mur, avant de m'embrasser avec fièvre. Je lui répondit avec autant de passion, me laissant emporter par un tourbillon de sensations fortes.

Qui me parlait d'amour? Je n'était pas encore prête à cela mais ce draenei me comblait tout autrement, et il en était plutôt fier. Alors qu'il me dévorait, qu'il me possédait tel le feu brûlant tout sur son passage, je sursautai, les yeux ronds fixés sur la fenêtre ouverte.

La lumière orange... L'armure...
_ Qui y a-t-il?
Je me dégageais rapidement de son étreinte et courut vers le balcon, regardant tout autour de moi!. Dans les rues, tout était calme. Les passants marchaient tranquillement sous le crépuscule d'automne.
Rien, aucune trace... de lui.

Je sentis le Chevalier de la Mort m'enlacer mais je continuais de trembler...
_ Ewenae?
Je me retournai dans ses bras, essoufflée.
_Rien... Rien.

Je lui souris et, afin de le distraire , je l'embrassais à mon tour. Bientôt, il oublia l'incident, comme je l'espérais.

Moi, en revanche, ce n'était pas le cas...
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Le lendemain annonçait le début d'une chaude journée, malgré un vent persistant. Je décidais d'emprunter la voix des égouts, vêtue de mon armure de combat. J'allais tester mes pouvoirs contre différents adversaires, et peut être que je pourrai gagner assez d'or pour parvenir à mes fins.

Plus tôt dans la matinée, j'avais préparée, sous l' oeil de mon Chevalier de la Mort, plusieurs potions – dont il me paya la moitié, d'ailleurs- et mis le reste à l'autel des ventes. Avec un peu de chance, j'allais faire fortune à la grande citée des mages?
Hum.. j'étais en droit de l'espérer.

Je trottinais sous forme de loup fantôme jusqu'au marchant d'armes épiques. Les arènes étaient un merveilleux moyens d'acquérir les plus belles, et les meilleurs armures. Mais pour ce faire, il fallait au moins un coéquipier avec soit.

_ Bien le bonjour ! Lança la gobeline.
_ Bonjour, pouvez vous réparer ceci?

Je lui tendis mon bras droit dont le gant était salement abîmé. En quelques coups de magie dont elle avait le secret, la gobeline me remis mon armure a neuf.
_ Merci, dis-je en lui tendant quelques pièces d'argents.
_ Suivant ! Brailla -t-elle tandis que je m'éloignais.

Je marchais parmi la foule de gens qui attendaient leurs tours pour combattre en arène. Certains se battaient en duel afin de s'entraîner. Je m'amusais beaucoup à les regarder, lorsqu'un paladin s'approcha de moi. L'humain s'inclina et me baisa la main.
_ Douce chamane, me dit-il. Puis-je vous solliciter pour un duel? N'ayez crainte, je ne vous ferai aucun mal.
_ Bien sur, dis-je avec un sourire.

Je dégainais rapidement mes armes et le salua, comme avant chaque combat.
Puis tout s'accéléra. Le paladin me lança sa tempête divine que j'esquivai de très peu. Plaçant mes fidèles totems, je galopais vers lui et l'obligea à ralentir.

Contournant mes totem, il tenta de me toucher avec son immense masse à deux mains. Je courais toujours, me jetant des soins de temps à autre.
Je m'amusais vraiment.
Le combat commençait à durer, et d'autres combattants se placèrent autour de nous pour nous regarder. J'entendais distraitement les voix qui nus acclamaient. Et soudain, j'aperçus une lumière organe qui filait dans la foule.

Je stoppais net ma course et reçu un violent coup dans les côtes. Pliant sous la douleur, je tombai à genoux. Le paladin choisi ce moment pour me tirer les cheveux en arrière et placer sa masse sous ma gorge.

Lorsqu'on le clama comme vainqueur, il m'aida à me relever, s'excusant au passage d'avoir été si brutal. Il me complimenta également.
_Que s'est-il passé? Me demanda-t-il en époussetant mon armure salie.
_ Je... je dois partir, dis-je précipitamment.

Je disparue dans la foule, poussant les gens trop serrés contre moi.
Ce n'était plus possible. Cet homme me rendait folle... Je le voyais partout, et cela devenait dangereux... Si je n'avais pas été un duel d'entraînement, j'aurai pu y perdre la vie!
Maudissant les hommes et plus particulièrement les voleurs, je galopais jusqu'à la fontaine de Dalaran, près de la banque de l'alliance et jetai de l'eau sur mon visage.
Je saignais au front.. Génial...

_ Tu as oubliée ça, fit une voix qui me fit crier d'horreur.
Agenouillée près de la fontaine, je leva mon regard vers.. Mortelame. Chose surprenante, il tenait mon pendentif entre ses doigts.

Il me l'avais sans doute dérobée, il en pouvait ne être autrement. Alors, pourquoi me le rendre?
Plus surprenant encore, il m'aida à le mettre puis s'accroupit à mes côté et m'observa comme un chasseur regarde son gibier.
_ J'ai besoin de potions, dit-il. Je les veux pour ce soir.

Je demeurai silencieuse, regardant ses yeux verts perçants.
Il tendit une main sur ma blessure au front et toucha mon visage. Je ne put dire ce qu'il se passa ensuite mais lorsque je rouvris les yeux, il n'était plus là.

Je débloquais ma respiration et pria les esprits de me venir en aide.
Ewenae
Kirin Tor
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Dalaran, encore et toujours...

Je déambulais le soir dans les rues, près du quartier de la horde. Un troll m'observait dans un coin, il était chaman aussi. Son pouvoir électrique empestait à des lieues à la ronde. A ses immense tauren me défiai du regard. Guerrier, cette fois.

Je n'aimais pas beaucoup les personnes de la horde, sauf quelques rares exceptions. Ce dernier dû l'avoir remarqué car il avança vers moi, l'air pas commode.
_ Que veux-tu, chamane? Me lança-t-il de sa voix grave.
_ Rien que tu ne puisse m'offrir, répliquai-je. Retournes t'occuper de tes vaches.

Il grogna et me chargea. Je l'évitais juste à temps. Alors qu'il fonçait de nouveau sur moi, une grosse main le retint à l'épaule.
_Allons, mon frère, dit un autre tauren, tout aussi grand, mais druide cette fois. Calmes-toi.
L'immensité en robe de cuir s'approcha de moi.
_ Pardonnes, jeune chamane, les assauts de mon frère. Il perd le contrôle de ses nerfs lorsqu'une aussi jolie créature lui tient tête.
_ Je l'empalerais sur mon … grogna l'autre.
_ Mon frère, calmes ton esprit, insista le druide. Elle n'a rien fait.

Le guerrier pesta et me fit face.
_ Encore un mot ma jolie et je t'empêche de parler jusqu'à la fin de tes jours...
_ Vraiment? Rétorquais-je en fronçant les sourcils.

Ce tauren avait un tempérament de feu, ce qui m'amusait au plus au point.
Il s'apprêtait à faire quelque chose lorsque le druide lui lança un sort assez puissant pour le bousculer. Puis il me fit face, tranquillement.
_ Que la paix règne dans ton coeur, chamane. Tu manques encore de sagesse mais tu peux commencer à avancer dans cette voix en cessant de le provoquer. Maintenant poursuis ta route, et laisse siffler le vent lorsque l'orage menace.

Je le regardais de travers puis fini par approuver ses paroles pleines de bon sens. Alors que je m'en retournais, je chuchotais discrètement au guerrier : «  Cette nuit, dans les égouts. On verra alors ce que tu as dans le ventre. »

Il me lança un regard haineux mais répondit à ma provocation.
Un duel avec un guerrier, tauren... Je devais certainement avoir des envies suicidaires, ou alors j'étais folle à lier.
Preuve inflexible que j'aimais le danger... Néanmoins, cela promettait d'être drôle.



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Le soir tombé, je fis un tour à l'hôtel des ventes. Mes potions s'étaient merveilleusement bien vendues... Mais je n'avais pas encore de quoi payer mon voyage.

A minuit, je pris la direction des égouts, au plus profond de Dalaran. Je passais devant les marchants douteux pour descendre plus encore.

Tout à coup, un bras surpuissant me saisi la gorge et m'attira vers une masse de muscle. Il n'y avait que cela. Aucune magie ne parcourait le tauren qui me gardait contre lui. Mais une force ancestrale, implacable.

Alors je lançais un maléfice et la désormais grenouille fut obligé de me lâcher.
J'éclatai de rire. Le spectacle en valait le détour. Seulement, lorsqu'il redevint tauren, je reçu une charge en pleine poitrine qui me coupa le souffle.
Quelle idiote j'étais!

Je me dégageais avec difficulté et lança un horion de givre afin de le ralentir. Il hurla de mécontentement et chargea de nouveau.
Les coups qu'il m'infligeait me donnait envie de vomir. Par deux fois je m'écroulais.
Puis tout alla très vite. Je tombais contre le mur des égouts. J'entendis une lame fendre l'air suivit d' un cri étouffé. Lorsque j'ouvris les yeux, je vis mon adversaire tomber a genoux, une dague plantée dans sa gorge.

J'eus un haut le cœur et plaça une main sur ma poitrine.
Puis une lueur orange traverser les égouts.
Demeurant silencieuse, je me levais précipitamment et reculais encore.
Par les esprits, ce tauren était mort. Mort devant mes yeux.

Je jetais des regards autours de moi, complètement paniquée. Je battais des paupières pour effacer de ma mémoire cette fichu couleur de feu qui envahissait mon esprit, m'engourdissait, me tétanisait.

Des pas retentirent près de moi. Un homme de petite taille, prêtre de toute évidence, s'arrêta devant le cadavre dont le sang filtrait l'eau puante des égouts, puis me jeta un regard effaré.
_ Attendez ! Dis-je en tendant ma main.
Trop tard, il avait déjà filé.

Je me redressais et quitta les lieux en vitesse, pressant le pas. Mon coeur battait à la chamade, de peur évidement.
Puis des pas retentirent près de moi.
_ Hâlte ! Cria une voix.

Je me retournais et vit près de l'air de Krazus quelques mages et le prêtre. Ce dernier leur lançait un regard entendu.

Par les esprits, j'étais annoncée coupable.
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Je pris mes jambes à mon coup et fut aussitôt retenu par des chaînes de glace. Je tombais à genoux, arrachant un cri douloureux.

Les mages du Kiron Tor arrivèrent près de moi. L'un d'eux, un humain de très grande taille, tendit une main vers ma gorge et, sans me toucher, me la serra avec force. J'étouffais presque. Ses yeux violets me lançaient des éclairs.

_ Chamane, dit-il d'une voix dure. Au nom de toutes les lois de notre grande citée, de la paix suprême de Dalaran et de la justice, je vous arrête au motif du meurtre de Kern Corne fourchus. Vous serez par conséquent envoyée dans le salon violet où vous serez interrogez par le punisseur de Dalaran, l'archimage Jean Nicolas, jusqu'à ce que l'enquête soit menée.
_Mais, Seigneur, fit l'un des gardes. Le punisseur n'interroge jamais les...
_Qu'il en soit ainsi.

Je fus menée jusqu'au grand salon violet, magnifiquement décoré et sublime de par son architecture. J'en oublierai presque que l'on m'accuse d'un meurtre que je n'ai pas commis.

Là, quelques représentant haut placé de Dalaran m'observaient avec insistance, se demandant certainement ce que je faisais là.
_Punisseur, voici la chamane qui...
_ Je sais parfaitement de quoi elle est accusée, Grinim, fit l'elfe en levant une main.

Il m'observa attentivement, un mince sourire se dessina sur ses lèvres fines. Non vraiment, ça ne sentait pas bon.

_Et je la juge coupable de ces faits.
Mon sang ne fit qu'un tour.
_ Comment? Vous ne m'avez même pas interrogé ! Et il n'y a aucune preuve !
_ Je vous accuse du meurtre, c'est définitif. Maintenant, votre sentence sera...
_ Mais...
Sous les regards stupéfaits, le punisseur interrompit son discours et regarda juste derrière moi. Sans me retourner, je sentit deux mains enlever délicatement les chaines qui me saignaient les poignets puis un souffle dans mon cou.
_ Que.. Que faites vous ici? Fit-il, les yeux écarquillés.

Une voix que je reconnu aussitôt s'éleva alors dans les ténèbres.
_ Elle est ma pupille, et sous ma protection, Punisseur.
La salle demeura silencieuse. Je sentis les yeux rivés sur moi.

Une main effleura la mienne et m'entraina vers la fenêtre. Mortelame me guida jusqu'au balcon.

_ Mais...commençais-je, avant d'être stoppée net par un doigt sur ma bouche.

Le voleur siffla et un majestueux griffon neigeux se posa près de nous.

Encore troublée, je l'observais sans mot dire. Que venait-il de se passer exactement?

_Voyages jusqu'au tournoi d'argent, me dit-il en m'aidant à monter. Tu dois faire les combats si tu veux t'inscrire aux arènes de Dalaran. Je te veux prête, et ne reviens pas avant d'avoir ton titre. Maintenant va.

Il donna une claque sur la croupe de mon griffon et il s'envola en direction du Nord.


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Modifié par Ewenae le 08/02/12 06:04 (UTC)
Chapitre 3: Au tournoi d'argent


Mon voyage fut long et épuisant. Je n'avais jamais vu cette partie du Norfendre, mais je n'étais pas déçue. L'arène, immense, dominait les autres bâtiments alentours. Une véritable ville au coeur de la glace, au plus profond des terres gelées...
Ici, la vie grouillait pourtant, telle une fourmilière arpentée par les héros de l'alliance et de la horde.

Je confiais mon beau griffon que j'avais appelé Neige.. (Oui, très original), au garçon d'écurie.
Après quoi, j'entrepris d'explorer les lieux, mon sac accroché à mes épaulières scintillantes.

Des tables étaient disposés autour des feu de bois où se mêlaient des centaines de champions. Je croisais une table de morts vivants et de Taurens. Bien entendu, ils se retournèrent sur mon passage mais ne paraissaient pas me détester d'emblée. Un orc s'inclina même devant moi.

Je compris alors que le coin de l'alliance était plus loin, aussi pris-je la direction d'un bâtiment rond, tout en hauteur, dans lequel je trouvai les membres hauts placés des différentes faction.

Préférant rebrousser chemin, je m'approchai d'une table où siégeait une gnomette et un draenei, a priori paladin.

_ Bien le bonjour ! Lança joyeusement la gnomette. Tu es nouvelle ici? Je ne t'ai jamais vue avant. Oh, mais permets moi de me présenter, je suis Teresa Courte-patte. Et voici Karatar, un ami de longue date.
_ Enchantée, dis-je en prenant la place qu'elle m'offrait.
_ Tiens, prends ça, tu as l'air affamée ! Fit-elle en me tendant du pain et une bonne ration de.. heu... ça ressemblait à de la soupe.
Une elfe vint s'asseoir à côté de nous. Borgne, elle demeurait néanmoins charmante et aimable.
_ Cavilla d'Auberdine, fit la gnomette en la désignant de son os de poulet. Elle vient d'arriver ici.
_ Je suis aspirante, répondit-elle avec douceur. Avec la grâce d'Elune, je compte gagner honorablement le titre de championne de Darnasus.

Je la fixai avec insistance. Son aura vibrait autour d'elle. Je su immédiatement qu'elle était druidesse, leur magie est sensiblement proche de la notre.

_ Qui doit-on trouver pour devenir aspirante? Demandai-je en buvant d'une traite la longue chope de vin chaud que l'on me tendait.
_ La Justicière Mariel Coeur-Vrai, fit le paladin en me souriant gentiment.
_ Très bien... Je dois y aller, merci pour le repas.

La druidesse me saisie brusquement la main. Ses yeux blanc étincelèrent.
_ Ne fuyez pas ce qui vous hante, chamane... Je vois au delà de votre peur, une force bien plus grande qui vous entrainera sur des chemins inconnus... Ne fuyez pas votre destin...

Mal à l'aise, je retirais ma main et quittais cet endroit à la recherche de la justicière.
Je rassemblais mes longs cheveux blanc en queue de cheval puis prit le sentier gelé menant à l'infirmerie. Juste devant, je trouvai une grande dame juchée sur son destrier.

_ Bonjour, je cherche Mariel Coeur- Vrai, dis-je en la fixant.
Elle me rendit un sourire aimable.
_ Le bonjour, draenei, dit-elle en mettant pied à terre. Bienvenu au tournoi d'argent. Je suis celle que vous cherchez, venez avec moi.

Un ecuyez prit les rènes de sa monture puis elle m'invita à entrer dans une immense salle.
_ Vous êtes ici pour tenter votre chance au tournoi je suppose? Me demanda-t-elle en me priant de m'asseoir dans un confortable fauteuil.

Tout autour de moi, des guérisseurs allaient et venaient entre les lits des blessés. A ma droite, des héros buvaient leur soupe chaude près d'un grand feu de cheminé. Les hauts gradés comme les novices avaient leurs place en cette salle accueillante.
Quoique, un peu trop agité pour moi.

_Tout nos futurs champions ont le gîte et le repas à disposition, dit-elle. Mais pour plus de confort, certains décident de travailler pour les seigneurs ou les guerriers les plus redoutés et... fortunés.
Elle me dévisagea longuement. Cette femme était du genre à parler en double sens, de cela j'en étais certaine.

_ Être... de la gente féminine n'aide en rien à s'intégrer correctement ici, avoua-t-elle à voix basse. Mais, vous voyant devant moi, je pense que.. si vous vous débrouillez assez bien, vous pouvez trouver un riche protecteur.
Je fronçais les sourcils.

_Que voulez vous dire?
Elle soupira.

_ Le titre de champion se mérite... Il est.. de notoriété publique que.. certains aspirants... et bien, élimine la concurrence lorsque tout les regards sont tournés... Vous saisissez?
_ Très bien, oui...

_ Malgré tout nos efforts les pots de vin sont aussi monnaie courante, ici... Alors, si vous le pouvez draenei... Trouvez vous quelqu'un de confiance et.. tracez votre route en adoptant un profil bas. Plus vous serez discrètes, plus vous aurez de chance de survivre.

Très rassurant.
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Je prit congé de Mariel et me dirigeais vers le camp des futurs champions. Là, j'observai sur les gradins de bois les combats entre duellistes, mais aussi contre des créatures terrifiantes et étranges; Je quittais les lieux pour prendre place à 'intérieur de l'immense arène.
Là, ma surprise fut de taille.

Une dizaine de combattants, mages, démonistes, guerriers et bien d'autres se battaient contre deux gros vers. De part et d'autre, les spectateurs de l'alliance et de la horde hurlaient le nom des champions. C'était un spectacle magnifique.

Un vers jeta une nuée de poison autour de lui, tuant un paladin qui le combattait à ses côtés. Les cris d'agonie de ce dernier me révulsèrent et je me demandai où était passé les guérisseurs.

Ah, l'un était en train de se faire attaquer par.. quelque chose. Difficile de faire son travail correctement dans ces cas là, j'en savais quelque chose. Soigner lorsqu'on vous attaque est doublement délicat.

Longtemps après, je quittai l'arène pour retourner auprès des duellistes.


Je m'attardais sur un draenei vêtu d'une riche armure de tissu absolument sublime. Maniant la magie avec dextérité, il écrasait littéralement son adversaire, un homme de la lumière, un paladin. Lorsque son combat prit fin, il me salua d'un sourire énigmatique.

Sa peau foncée tranchait avec ses cheveux argentés. Plusieurs cicatrices ornaient son visage pourtant agréable.
_ Le combat vous a-t-il diverti, chamane? Me demanda-t-il en rangeant son bâton.
_ Vous n'avez pas idée.. Comment puis-je vous appelez?
_ Kanann, fit-il en m'entraînant à l'intérieur d'un vaste bâtiment. Et vous?

Ah ! Enfin quelqu'un qui ne connaissais pas mon nom à l'avance... Cela devenait monnaie courante, ces derniers temps...
_ Ewenae. En vérité, je viens d'arriver ici et je cherche un partenaire pour mes duels.

Il me pria d'entrer dans une salle savamment décorée, éclairée par un grand feu de cheminé et des bougies. Le draenei invoqua le feu sur une torche géante et jeta quelques objets dans une grande marmite. Non loin de nous, un chien nous regardait, langue pendante.
Prenant place sur un fauteuil de velours, je savourais la chaleur ambiante.
_ A n'en pas douter, vous êtes une guérisseuse, me dit-il en prenant une pierre entre ses mains.
Celle ci se mis a briller.
_ Justement, il se trouve que je recherche un partenaire digne de ma valeur. Ma magie du givre est très recherchée par les autres et pourtant, tout ce dont j'ai besoin, c'est de quelqu'un qui sache anticiper mes réactions, et qui ne me gène pas. Je sais chamane que vous pouvez métamorphoser une personne en grenouille.
_ Exactement, dis-je avec un petit sourire qu'il me rendit.
Kanann plaça la pierre en l'air et elle vola toute seule.
_ Si nous combattons un paladin et un guerrier. Lequel allez vous contrôler en premier?
Je réfléchis un moment.

_ Et bien, si l'un d'entre eux vous attaque, il me suffit de contrôler l'autre. Du moins, si vous ne l'avez pas déjà... transformé en mouton avant.
Il éclata de rire et se rapprocha de moi.
_ Aimable, douce, intelligente et très belle. Avez vous un défaut, jeune chamane?
Je le regardai longuement.

_ Lancez moi votre plus gros sort de rétablissement, ordonna-t-il soudain en se levant.
Un peu étonnée, je m'exécutais.

_ Parfait, dit-il en jetant son visage en arrière. Quelle force... Votre magie est puissante, Ewenae. Ajoutons l'obéissance à vos qualités... Voilà qui est parfait...

Je le remerciais puis il m'approchai de lui, à sa demande.

_ Je pense que pour ce soir vous n'aurez pas besoin de votre armure, me dit-il en passant une main autour de ma taille.

Très bien, si ce charmant protecteur voulais me satisfaire autrement, je n'y voyais aucun inconvénient. Il était tout ce qu'une draenei pouvait espérer. Sans doute avait-il la puissance en plus. J'étais très sensible à la magie, et celle ci saturait l'air.

Je me souviens que cette nuit là fut la plus réconfortante de toute ma jeune vie.
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Au fil du temps, Kanann devint, en plus d'être mon protecteur, un véritable partenaire et un ami. Et gagner mon affection n'étais pas chose facile... Je montais en grade et en expérience rapidement, grâce à ses conseils avisés.


Je me souviens qu'un jour, alors qu'il m'amenait à une plaine de glace, je due rester immobile et attendre.
Attendre quoi?

Une armée de créatures monstrueuses. Mon but était purement et simplement de survivre. Puis vînt le jour de l'épreuve du croisé.

Par tout les esprits et les éléments... Soigner une dizaine de combattants, passe encore. Mais soigner une dizaine de combattant contre des créatures toutes plus dangereuses les unes que les autres, et cela en compagnie d'un prêtre qui confondait ses sorts de soin et ses boucliers...

Ce jour, là, je crus m'arracher les cornes.

Mais au fil du temps, alors que les épreuves passaient, je gagnais de nouvelles choses. Des bijoux, artefacts et colliers magiques... Ma plus grande fierté fut un très joli bouclier, doté de grands pouvoirs.

Avec ceci, je progressais de plus en plus et récoltais plus de récompenses que nécessaires. Bientôt, je gagnais davantage d'or en un jour que jadis en une semaine. Avec en plus le soutient complet de on mage, je commençai à vraiment apprécier la vie au tournoi d'argent.

Les duels me semblaient de plus en plus simple. J'adorais cela.
Les jours passèrent, les semaines, les mois... L'hiver fit place au printemps bien que, en norfendre, cela ne faisait pas grande différence. Je traversais la partie de l'alliance, bondée de monde.

_ Ewe, viens par ici, me dit Kanann alors que nous venions de remporter notre dernier duel.
Teresa Courte-patte et Karatar le paladin étaient présent à notre table, ainsi qu'une bonne partie des champions de l'alliance.

_ Tu va recevoir ton titre ce soir, Ewe ! Me fit la gnomette en vidant sa chope.

J'acquiesçai, regardant le ciel menaçant. Ce soir, on me remettrait le titre de l'Exodar. J'avais réussi mon duel contre un champion de la horde, un guérisseur chaman, tauren d'âge moyen.

Bientôt, je pourrais retourner chez moi pour faire honneur aux miens, les draeneis du grand cristal.

L'Exodar...

Ewenae
Kirin Tor
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Le soir venant, je m'échappais de la foule pour pénétrer dans la pièce circulaire. Là, je posais un genoux a terre, face aux quatre draeneis qui me fixaient avec bienveillance.

_ Chamane, fit un mâle solide qui me faisait face. Tu as réussie les épreuves avec courage, tu as prouvée ta vaillance au prix de nombreux dangers et ce à maintes reprises. Tu es désormais digne de ton titre. Lèves toi, Ewenae de l'Exodar, et sois honorée de notre bénédiction. Que les naarus de protèges, que la lumière te baigne car tu es désormais une championne de ton peuple. Combat en son nom, porte ses couleurs avec honneur !

_ Je vous remercie, fis-je en m'inclinant avec grâce.

_ Ewenae, fit une draenei à côté de moi. Prenez ceci en gage de ma profonde amitié pour vous et les chamans. C'est une fleur du Val d'Amen. Protégez là de votre mieux.

Je souriais et prit le gros flagelin dans mes bras. Le végétal remuait sans cesse ses racines, et ses pétales me faisaient face, me chatouillant le visage. Je la serrais contre moi, heureuse puis m'en retournais.

Heureuse, je retournais à la demeure de Kanann, les bras chargés de ma fleur et de mes sacs. Je ne fus pas mécontente de retrouver la chaleur ambiante de la maison.

Posant mes affaires dans le salon, je me dirigeais vers la chambre du draenei où j'étais certaine de le trouver.

_ Restes ici, fis-je à la petite fleur qui couinait, avec la ferme intention de me suivre.

J'ouvris lourde porte de bois et hurla de terreur.


Interdite, je découvris le corps ensanglanté du mage, trainant au pied de son grand lit. Il baignait dans un poison verdâtre. Tremblante, je m'approchais, les larmes aux yeux et réprimai un sanglot.

_ Oh.. Par les esprits... Non...

Je m'agenouillais près de lui et lui fermai les yeux d'une main tremblante.

_ Pourquoi... soufflais-je.

Je levais la tête et cria à m'en arracher les poumons. Un trait orange filant dans la nuit.

Je reculai jusqu'à me cogner au mur. Mon sang se glaça et je tombai à genoux, prise d'incontrôlables sanglots.

Il était revenu.

Il était revenu, et ne cesserai jamais de me hanter.


Dans l'ombre de mes souvenirs, je revis le visage mystérieux et grave de celui qui m'effrayait autant qu'il me fascinait.

...

...




Mortelame
Ewenae
Kirin Tor
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La respiration saccadée, je me relevais péniblement, cherchant la poignée de la porte. La petite fleur m'accueillis par des couinements joyeux.

Je la prit dans mes bras et courut aussitôt hors de la maison, paniquée. Je me frayais un chemin jusqu'à l'écurie, saisie les rènes de Neige et grimpais dessus sans mot dire.

On allait forcément croire que j'avais tuer Kanann, je devais faire vite. Mon griffon décolla aussitôt et prit la direction de la Citadelle Pourpre.

Mon idée n'était pas de rester à la grande citée des mages, pas après cela. J'allais plutôt remettre Neige en liberté, et traverser le portail pour l'Exodar où je pourrais me cacher, pour un temps, dans mon refuge, en haut du pic du Vent Sauvage.

Là, j'y serai bien.. pour un temps seulement.

Je me posai sur l'air de Krasus et, mon sac sur les épaules, je libérais Neige de sa captivité.
_ Va, maintenant, lui dis-je doucement, caressant sa joue avec amour. Rejoins les tiens, et soit heureux.

Il poussa un ultime cri d'adieu et prit son majestueux envol sous mon regard triste.

«  Aller Ewe, ne traînes pas », pensai-je.

Je traversais les ruelles jusqu'au quartier de l'alliance. Devant moi se trouvait plusieurs portails multicolores. Je pris celui qui menait en Exodar, non sans un certain soulagement.

Là bas au moins, tout redeviendrais comme avant. Du moins je l'espérais...

Quel ne fut mon bonheur de retrouver la luminosité éclatante du grand cristal ! Le vaisseau m'accueillait à bras ouvert en son fort intérieur.

_ Le bonjour, me salua un garde paix en inclinant la tête.
Je lui sourit et passai mon chemin. Je me sentais encore nauséeuse, le meurtre de Kanann me pesait sur la conscience. Et cela, même si je n'avais nullement commis ce crime !

Tremblante, j'espérais que le voleur ne me retrouverai jamais ici. Cela devenait vraiment inquiétant.

Je quittais le vaisseau pour traverser les chemins herbeux de l'île Brume Azur.
Je m'arrêtais un instant devant la beauté du paysage.
Une île au beau milieu de la mer voilée.

Une île merveilleuse, aussi mystique que je pouvais l'espérer. La brume violette emplissait la terre et le ciel de sa couleur froide, parmi les arbres gigantesques. Les cristaux réparties à l'horizon donnaient une touche de couleur lumineuse.
Ci et là, quelques cerfs blancs, des frôles lune, arpentaient la terre à la recherche d'herbe grasse.
A n'en pas douter, ils trouvaient leurs bonheur sur cette île.

Prenant l'aspect dude la louve fantôme, je galopais vers la mer voilée. Là, je jetais mon armure au sol et plongeais férocement dans l'eau, me recouvrant entièrement.

Elle était froide, très froide mais peu m'importait. Je n'avais plus envie de penser maintenant.
Mon élémentaire Torche quitta son totem en grognant.
Il détestait l'eau.

_ Hargne n'est pas loin, lui dis-je. Nous irons le voir plus tard.

Il grogna quelque chose puis s'éloigna de la rive. La petite fleur sortit de mon sac et glissa près de l'eau où elle se posa tranquillement. Je vins lui chatouiller les racines.

_ Comment vais-je t'appeler? Fis-je en la prenant dans mes bras.

Ses pétales roses me fixèrent avec insistance. Ne me demandez pas comment, mais je su qu'elle souriait.

Après Neige, le griffon blanc, je m'arrêtais à Nayade, la fleur de l'eau.
Oui je sais, aucun rapport.
_ Voilà, tu seras Nayade. Très jolie petite fleur...

Je nageais quelques instants dans l'eau.

Quel bonheur... Loin de tout les problèmes...


En accord avec les éléments, je me laissai aller à la tranquillité de l'île. Je pouvais entendre les battements de son cœur, la magie qui vibrait dans l'air.



****



Longtemps, très longtemps après, je me levais et prit la direction du pic. L'ascension serait longue mais en vaudrai la chandelle. Là haut au moins, je serais tranquille.

Au sommet, je vis ma grotte éclairée par un feu de camp. J'imagine que Torche m'avais précédé.. Quel aimable élémentaire.

_ Aller, va, dis-je à Nayade alors que je la posai à terre.

J'invoquais quelques totems de protection puis fila à la caverne.


Alors que je penetrais entre les parois rocheuses, mon coeur menaça de quitter ma poitrine.


_ Non... c'est impossible...
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Mortelame mangeait avec toute la quiétude du monde, assis en tailleur près d'un feu de camp.

Son couteau râpait la pomme qu'il dégustait avec agilité et finesse.
Il me lança un regard neutre.

_ Bonsoir, me dit-il.

Lâchant un profond soupir, je plongeais mes yeux blancs dans les siens. Ils étaient aussi verts que dans mes souvenirs.

_ Ca fait longtemps, dis-je, tachant de paraître impassible.

_ En effet me dit-il en jetant le trognon de sa pomme.

Il se leva et s'approcha de moi. Dans l'ombre des flammes, il paraissait bien plus grand que moi... Je maudis alors ma petite taille. Les draeneis n'étaient-ils pas censés être grands?

Sans prévenir, il posa sa main sur mon ventre et le tâta, jusqu'à m'en faire mal.
_ Hé ! Fis-je en reculant.

Il m'agrippa le poignet et recommença sur mon bras.

_ Bien, dit-il en me lâchant. Tu as prit beaucoup de muscles, c'est parfait.

Nous restâmes un moment immobile, a se regarder l'un l'autre. Puis il retourna s'asseoir.

_ Viens manger quelque chose, m'ordonna-t-il.

Je retroussais timidement ma robe et m'agenouillais près de lui.
_ Demain commencera ton entrainement, me dit-il en épluchant une autre pomme qu'il me tendit.

_Merci...

Je voulais l'interroger sur le meurtre de Kanann, mais je ne trouvais pas les mots.

_ Ewenae – il me fixa d'un regard froid- ne penses plus au passé. Ta véritable vie commence maintenant.

Le crépitement du feu résonna longtemps dans la caverne, avant qu'il ne poursuive sur ces simples mots, très révélateurs...

_ Et rien ne doit te déconcentrer.

Ewenae
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Ewenae
Chamane Draeneï niv. 85
4630
Chapitre 4 : Exodar, terre de brume et d'Azur


Il vous arrive parfois de vous dire a quel point vous êtes encastré dans une impasse sans moyen d'en sortir?
De savoir ô combien vous êtes prisonnier d'une idée, d'une chose ou de quelqu'un, peut être même des trois à la fois sans aucun autre recours que d'obéir comme le plus fidèle des chiens?

Énervée, je regardais l'horizon avec la ferme intention de comprendre pourquoi je m'étais fourrée dans de beaux draps, et cela sans l'accepter le moins du monde.

Il était évident que, où que j'aille et quoique je fasse, cet homme m'empêcherait de suivre ma propre route.

Oh, bien sur qu'il était partit. Nayade avait d'ailleurs posée ses racines à l'endroit même qu'il avait quitté. Mais je savais qu'il reviendrait. Pire encore, si je vais quelque part, je suis certaine qu'il me retrouverait.

Inspirant profondément, je m'agenouillais vers le soleil levant, tout en haut du pic Vent Sauvage.

Face au seigneur de l'air, l'énorme élémentaire, je me savais en paix, en accord avec mon pouvoir. Torche brailla et me rejoignis rapidement, tout enflammé.

«  Surveilles les alentours » lui indiquais-je, mes yeux toujours rivés à l'horizon azuré.
Mon élémentaire s'éloigna bruyamment.

_ Restes immobile, dit une voix douce derrière mon dos.

Je tournai le regard et écouta attentivement. Mortelame se déplaçait, très silencieusement.

_ Ressens chaque chose autour de toi, poursuivit-il en s'approchant. Chaque son, chaque fibre de la terre. Ne vois pas seulement que ce que tes yeux veulent te montrer.

Une légère brise s'éleva dans les airs puis disparue avec lui.

Le temps passait, long et apaisant. J'entendais la mer en dessous de moi. Tout n'étais que calme et quiétude... Un véritable repère de paix.

Néanmoins, rester immobile nécessitait plus d'efforts que je ne l'aurai imaginé. Ne pas bouger une phalange et rester concentrer était un exercice digne des plus grands maîtres chamans.

Or, je n'en étais pas une...

Et c'était vraiment, vraiment très difficile...




Par les esprits, voilà plusieurs heures que j'observais l'univers autour de moi.
Et je m'émerveillais.

Jamais je n'aurais crue voir autant d'animaux, même les plus minuscules, peupler l'herbe avec autant de zèle. Le vent était une présence omniprésente qui parcourait chaque fibre de mon corps.

A présent, je ressentais tout mes muscles, toutes mes veines palpitantes.
Chaque parcelle de mon corps m'indiquais que j'étais sur le bon chemin.

Inspirant profondément, je tentais de ralentir les battements de mon cœur.
Avec succès.
Ewenae
Kirin Tor
Ewenae
Chamane Draeneï niv. 85
4630
_Très bien, fit Mortelame.

Je me retournais vivement. L'assassin se tenait près de moi, son armure flamboyante me rappelant cette fameuse couleur... qui m'effrayais tant.

Il m'aida à me relever et m'attira contre lui. Je n'avais jamais vue pareil force chez un humain.
C'était du prodige.

_ Bien, maintenant rentre en Exodar.

Son visage énigmatique était beaucoup trop près du miens... Je pouvais sentir son odeur qui avait l'effet d'un aimant...
_ Mortelame... murmurais-je en m'approchant de lui.

Il prit mon visage entre ses mains et susurra à mon oreille, sa barbe naissante frôlant ma peau:
_ Sois vigilante, constamment...

Il se recula, sa main pressant ma joue -que j'avais en feu- comme une caresse, puis disparut.


Interdite, je restais là un moment, les paupières fermées. Mon corps avait du mal à réagir; je me sentais bien et si mal en même temps...

Quelque chose me frôla les sabots. Riant un peu bêtement, je soulevais Nayade dans mes bras.

_ L'Exodar ma belle... Allons-y.


Je rajustais mon armure et vérifiais que mes armes étaient bien avec moi. Avec le temps, je les oubliaient presque...

Le chemin menant au grand vaisseau était à nul autre pareil, avec son sentier de terre battu entouré d'herbe violacée, azur, où les cerfs frôles lunes broutaient à leur guise entre les fleurs gigantesques.

Nayade paraissait peu rassurée, aussi me colla-t-elle jusqu'à ce que nous soyons bien arrivées. Une fois l'entrée franchie, je pris la direction de l'auberge de cristal. Les gardes paix me saluèrent, chaleureusement, comme d'ordinaire.

_ Bonsoir, chamane, me fis l'aubergiste, un draenei de très grande taille.

Il posa la serviette qu'il avait entre les mains et m'accueillis avec distinction. Ses grands cheveux bleu descendaient en tresse jusqu'à ses reins.

Je le supposait relativement âgé, bien plus que moi en tout cas.

_ Reste-t-il une chambre pour cette nuit?

Il grimaça, soucieux.

_ Nous sommes au grand complet ce soir ma chère... Les festivités approchant, beaucoup de gens se rassemble dans notre grand vaisseau.

Je soupirais.

Génial...

_ Néanmoins, je connais un ami qui peut sans doute vous aidez. Cherchez Adar, le... garde-paix qui vit près de la côté, tout près du port. Dites lui que vous venez de ma part et surtout, ne le contrariez jamais.

_ Mais...

_ N'ayez crainte, c'est un ancien guerrier qui a passé sa vie en Outreterre... Il est plutôt du genre spécial mais il ne vous fera aucun mal, jeune chamane. Partez le coeur en paix et que les naarus vous protèges.


Je le remerciai et prit la route du port, un peu à contre-coeur.

Ewenae
Kirin Tor
Ewenae
Chamane Draeneï niv. 85
4630
Effectivement, une hutte de grande taille se dressait non loin des navires, un peu plus au sud. Là, je déposais Nayade et frappais à la porte.

L'endroit semblait désert, et les alentours peu accueillant. Inquiète, je sentis le vent dans mes longs cheveux blanc.

Et soudain, une lame vint se nicher sur ma gorge. Je sursautais violement mais tâchait de paraître calme.

_ Ton nom, m'ordonna une voix caverneuse.

Je déglutis avec peine, à l'affût du moindre bruit.
_ Ewenae.

La lame s'enfonça un peu plus.

_ C'est.. l'aubergiste qui m'envoie. Dackar...

Adar grogna et me retourna d'un geste. J'eus grand peine à ne pas crier de terreur.

Le draenei me fixait avec d'effrayants yeux blanc, éclatants qui tranchaient avec une peau aussi sombre que son aura. Bien qu'il fut guerrier, la magie l'entourait de façon nauséeuse, noire et macabre.

Un guerrier au coeur noir, à l'évidence...

Il poussa la porte en bois qui s'ouvrit d'un trait.

_Entres, fit-il en me poussant dans la hutte.

Il observa les alentours puis la ferma à double tour. Une bougie s'alluma alors que je me relevais, époussetant ma robe.

_ Et ce vieux rat t'envoie pour me divertir, femelle?

Inutile de vous dire qu'a cet instant, je fus la plus outrée des draeneis.

_ Prends pas cet air craintif et manges quelque chose – il me jeta sur une chaise et poussa un plat peu avenant devant moi.

_ Merci... Mais en vérité, il n'avait plus de place pour moi. Alors il m'a envoyée ici.

Le draenei sortit ses nombreux couteaux de sa lourde ceinture et les planta sur la cheminée.
_ C'est qu'il te crois en danger, petite poupée.

Je soupirais.

Tout à coup, on frappa à la porte.

Adar dégaina une lame avec rapidité et fonça vers la porte. Avant qu'il ne puisse ouvrir, une lettre fut glissée par dessous.

_ Ca sent pas bon, fit-il en fronçant les sourcils.

Il ouvrit le parchemin. Son visage se décomposa au fur et a mesure de sa lecture.

Ma tension était à son comble lorsqu'il posa sur moi ses yeux de prédateur.

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